jeudi 24 mai 2018

Contact : Ducati 916 SP3 1996

Ducati 916 SP3 - 1996


Il y a la moto comme moyen de transport, il y a la motocyclette de papa, ou encore la moto d'exception ou prétendue telle... Dans tous les cas, exceptionnelle ou non, cela reste un amas plus ou moins complexe de pièces fixes et en mouvement. 
Des métaux classiques ou rares, des alliages, du caoutchouc, un peu de plastique, du cuir parfois et quelques bidouilles électriques.
Ce qui est intéressant, c'est ce que l'on en fait.
Ce doit être ça qui finit par lui conférer une âme, quelque-chose d'impalpable qui fait que cette machine, aussi modeste soit-elle, peut prendre vie au point d'en faire une émanation de soi, la matérialisation de ses sensations ou sentiments.
C'est aussi le moyen d'être en prise avec les éléments, de pouvoir s'inscrire dans le paysage (au sens poétique du terme :-) ) et finalement d'exister.
Je vais loin là? Peut-être. Sûrement même.
J'aime te présenter des bécanes qui me parlent. 
Mais voilà : je dois faire amende honorable et réviser mes principes.
Celle que tu découvres ici, je l'avais un peu mise de côté. Je trouvais qu'elle ne correspondait pas au modèle d'origine, tel qu'il est sorti de l'usine. Je me suis dit  qu'il était dommage de voir qu'elle avait "vécu" peut-être un peu en marge de ce pourquoi elle avait été conçue. Bref, je ne voyais pas trop comment aborder une présentation flatteuse.
Et puis voilà : qui suis-je pour dénigrer une pièce de cet acabit ?  Personne. Moi qui prône la bécane vivante justement, je n'accepterai pas que cette machine soit parvenue jusqu'à nous sans supporter le nombre des années. Sans rouler ? Sans partager son guidon entre plusieurs propriétaire successifs ? Ridicule. 
Et même : quelle erreur ! 
C'est pourquoi je ravale ma prétention déplacée et malvenue, pour te parler avec joie de cette Belle Italienne.

Tu as donc sous les yeux une Ducati 916 SP3.
Elle fait partie des 497 exemplaires produits par l'usine de Borgo Panigale en 1996, et représente l'ultime version de l'intemporelle série des 916. 
Cette "SP3" pour "Sport Production 3" achève une série initiée en 1994 avec 310 "SP1" produites. 401 exemplaires de la suivante, dite "SP2" (ah bon?!) sont nés en 1995 sans offrir d'évolution notoire.
Il faut noter que dans cette petite production surnage une rareté, presque légendaire: la 916 SPA pour "Sport Production America", également appelée "955SP", dont seulement 54 exemplaires ont été produits en 1996 directement pour le championnat Superbike AMA (American Motorcycle Association - la fédé américaine de motocyclettes)

Ducati 916 SP3 - 1996

Bon alors, me diras-tu, qu'a-t-elle de spécial cette série SP3?
Cela se passe d'abord dans les entrailles de la bête.
Le moteur est le fameux "Desmoquattro" (En "L", distribution desmodromique double arbre à quatre soupapes et refroidissement liquide) issu des 851 puis 888 de superbike. Sur la SP3 il cube 955 cm3 (contre ...916 cm3 pour le modèle d'origine. Quoi?! Tu avais deviné?) et est doté d'un système d'injection spécifique, à deux injecteurs par cylindres. Donné pour 130 chevaux au moteur, en reste environ 115 à la roue. Pas mal ! N'oublie pas que notre amie ne pèse que 195kg avec les pleins.
La partie cycle est commune avec les 916 "S" (pour Strada, la route) mais se voit dotée d'un amortisseur Öhlins. La fourche est une Showa. La boucle arrière est dite "monoposto" (monoplace) et est dépourvue de repose-pieds passager. Le carénage et ses périphériques (support plaque, garde-boue...) est en carbone peint de couleur rouge Ducati, avec juste une plaque numéro à fond blanc sur le dosseret de selle.
On retrouve l'amortisseur de direction transversal dont l'implantation a fait l'objet d'un brevet. Enfin, le té supérieur est gravé du numéro de la moto dans la série. La classe !
Une authentique machine de course déguisée en routière... Tu vois, j'adore ça.

Ducati 916 SP3 - 1996. La plaque numéro du modèle dans la série: 261.

Mon seul regret pour le moment est de n'avoir pas pu l'essayer.
J'en aurai peut-être l'occasion, qui sait ?
A moins que ce ne soit pas plus mal, car je sais quel effet peut produire un twin transalpin dans un cadre tubulaire comme celui-là: ça te monte à la tête, le grondement de la ligne racing Termignoni, le bruit de l'admission d'air, les vibrations moteurs, la rigidité du châssis, la précision de l'ensemble avec l'impression de tenir l'axe de roue avant directement entre les mains... La puissance, les relances diaboliques, la bagarre permanente avec la bête pour lui faire faire ce que tu veux. Taquiner le haut du compte-tours avec la promesse d'atteindre le graal.
Le paysage qui s'estompe, la chair de poule ! Les yeux qui pleurent, des frissons le long de la colonne vertébrale, le réveil de ton cerveau reptilien et le sourire carnassier, comme figé pendant de longs moments après avoir coupé le contact... 
Bref ! Malgré mes efforts, c'est quasi indescriptible : il faut, pour t'en rendre compte, que tu essaye un de ces jours.

Alors oui, je fais amende honorable disais-je, et je te présente cette relique ô combien vénérée parmi les mécaniques transalpines. C'est une relique au sens noble du terme. C'est sûr, elle a subi les affres du temps. Son carénage bien qu'en carbone, n'est pas d'origine et n'est pas rouge. Ses roues ont été repeintes. Elle porte çà et là les stigmates d'une vie passionnée sur la route et la trace de quelques incursions sur la piste. Elle est belle. Elle dégage un charme fou, celui de la cantatrice oubliée qui pourtant révèle une tessiture sans égale. 
Elle titille avec justesse le nerf optique du quadra que je suis, comme tous ceux de ma génération qui ont en leur temps succombé au lignes taillées à la serpe par le designer Massimo Tamburini. Quelle claque !
Elle attend, prête à reprendre la route... Elle est à vendre, aussi. Chez Speck Motos & Atelier à Villeurbanne. 04 72 04 66 66. 

Qu'en dis-tu? Cela aurait été dommage de n'en point parler, c'est sûr !

Mes sources : 

https://www.odd-bike.com/2013/02/ducati-916-spsps-ultimate-desmoquattro.html

https://www.odd-bike.com/2013/02/ducati-916-spsps-ultimate-desmoquattro_18.html

http://www.ashonbikes.com/content/ducati-916-0

http://jbt900.free.fr/sommaire.htm

https://moto-station.com/moto-revue/non-classe/visite-tamburini-nous-en-a-mis-plein-la-vue/198976 


Ducati 916 SP3 - 1996





 
Ducati 916 SP3 - 1996





 
Ducati 916 SP3 - 1996. L'embrayage à sec, comme il se doit !





 
Ducati 916 SP3 - 1996





 
Ducati 916 SP3 - 1996





 
Ducati 916 SP3 - 1996





 
Ducati 916 SP3 - 1996


jeudi 17 mai 2018

Contact: MV Agusta 750 S-America

MV Agusta 750 S-America

On ne présente plus la société mécanique Agusta de Verghera , la Meccanica Verghera Agusta S.p.A, MV Agusta quoi !
Si? D'accord: rembobine avec moi.
Ce nom évocateur, synonyme de performance et d'exotisme mécanique, résonne sur la planète moto depuis 1946. 
Le Comte Domenico Agusta, issu d'une prestigieuse lignée aristocratique italienne, reprit entre deux guerres la société familiale de construction aéronautique en 1927. Les avions devenant une affaire de spécialiste, il recentra l'activité de l'entreprise sur la fabrication de moteurs auxiliaires pour bicyclettes, en développant des techniques inspirées de l'aviation.
Puissance et légèreté caractérisaient ces petits moulins.
La seconde guerre mondiale mit un terme à cette production. L'usine fut occupée, l'activité suspendue.
C'est juste après guerre que Monsieur le Comte reprit ses projets, pour les orienter clairement vers le deux roues motorisé. Dans l'Europe moribonde ce marché devait connaitre un essor fulgurant. La moto restera longtemps un moyen de transport pratique et économique bien avant d'être un objet de loisir. La marque conservera tout de même un département aéronautique.
La moto "populaire" conduisant l'ouvrier à l'usine la semaine emmenait la famille pique-niquer le weekend, mais pouvait aussi prendre le chemin des circuits ou courir en côte le dimanche... Ce dont beaucoup de constructeurs s'accommodaient, comptant sur cette polyvalence pour écouler des modèles typés "sport".
Chez MV Agusta, si l'on a peut-être partagé ce point de vue au début, c'était sans compter sur la passion du Comte pour la compétition. Engagée dès 1946 dans différents championnats italiens sur route (rallye, côte, moyenne...) comme sur piste en petites cylindrées, l'usine voit ses modèles routiers promus par de nombreuses victoires.
En 1952 la filiale aéronautique obtient la licence de production des hélicoptères américains Bell. C'est cette filiale qui va permettre à MV Agusta de résister à l'évolution des marchés touchant la moto, d'investir en recherche et développement, de poursuivre un programme de compétition durant près de 20 ans.
Domenico Agusta, passionné de course, ne l'était pas moins par la qualité et la fiabilité de ses motos. Les machines de routes étaient donc souvent considérées comme peu attractives ou peu "excitantes"  mais étaient garantie 100 000 km dès 1959 !
Quant-aux modèles de course ils étaient à la pointe de la technologie et bénéficiaient d'un développement poussé, appuyé par l'expertise du R&D aéronautique.
Ce même département a également permis l'embauche des meilleurs pilotes du moment, tels John Surtees, Giacomo Agostini, Gary Hocking, Carlo Ubbiali, Mike Hailwood ou encore Tarquinio Provini...
Ces gars là glaneront pas moins de 37 titres mondiaux, de 1956 à 1974 !
Fermons la parenthèse. Car MV Agusta s'éteindra en 1980, pour renaitre en 1992. Mais c'est une autre histoire.

Le modèle que je te présente aujourd'hui est une pièce rare. Même très rare.
C'est le fruit du projet de messieurs Jim Cotherman et Chris Garville, les importateurs/distributeurs MV Agusta aux USA durant la décennie 70, via leur société Commerce Overseas Corporation. Ils ont souhaité pouvoir distribuer un modèle d'exception, spécialement conçu pour le marché américain. Quelque chose d'atypique, puissant, à la dimension de leur pays.
Ce sera la MV Agusta 750 S-America.
Directement issue de la 750Sport, présente au catalogue depuis 1970, la s-america est équipée du quatre cylindres en ligne bénéficiant de l'expérience en course de la marque.
C'est un double arbre à cames en tête alimenté par quatre carburateurs de 26 mm et développant environ 75 chevaux. Le cadre est quant-à lui celui de la version route, plutôt lourd, mais offrant la rigidité nécessaire. Transmission acatène chère à Monsieur le Comte et un système de freinage intégral  hydraulique double disque Brembo à l'avant et un disque à l'arrière.

MV Agusta 750 S-America

Alors, me diras-tu, cette moto est apparue pour voir la concurrence Honda ou Kawasaki mettre en avant leurs quatre pattes respectifs ? C'est un peu vite oublier que la Meccanica Verghera Agusta a développé pour la course la fameuse 500-4  dans le courant des années 50... C'est donc une gamme très aboutie que celle de la 750. 
Ses performances sont à l'avenant : 13,06s au quart de mile (400m), 170kmh en pointe mesurés sans carénage par la presse de l'époque. Et toujours la fameuse garantie de 100 000km !
Cela prête à sourire aujourd'hui, mais dans les années 70, peu de machines pouvaient supporter la comparaison. Seul hic : son prix, près du triple d'une Honda CB750 ! (6500 dollars pour la MV contre 2200 dollars pour la Honda en 1978)
C'est encore le cas aujourd'hui ! 
Il faut savoir que le modèle que tu as sous les yeux est un des 400 exemplaires produits. Il date de 1978 et affiche 1500 miles au compteur (2500km). C'est simple, cette moto est neuve. Absolument préservée par ses trois propriétaires depuis sa sortie d'usine et n'a donc pas franchi l'Atlantique.
Elle fonctionne parfaitement. Seuls les échappements chromés sont des modèles adaptables d'époque, les pots d'origine ayant subit les outrages du temps, ils sont néanmoins religieusement conservés à part.
Le livret du propriétaire est fourni !

MV Agusta 750 S-America

Pour ma part je n'avais jamais pu détailler cette moto de près, les quelques rares MV Agusta 4 cylindres que j'avais pu approcher lors de mes pérégrinations étaient des 750S européennes croisées notamment aux Coupes Moto Légende, et elles ne sont déjà pas légion.
Se retrouver accroupi auprès de la machine, le nez collé au moteur pour tenter d'en apercevoir  les détails, admirer les solutions techniques issues de la compète dont elle est truffée, tenir le guidon, détailler le tableau de bord ou encore les superbes jantes de course  a donc été une chance aussi rare que cette moto, et ce fut véritablement génial.

C'est grâce à Christophe, amateur (très) éclairé, passionné, vacciné moto et patron de l'enseigne Speck Moto Pièces que cela a été possible. Son expertise en matière de véhicules d'exception lui a permis de se voir confier la vente de cette MV Agusta 750 S-America. Car oui, elle est à vendre. Le prix ? Une bagatelle ! Environ 80 000 euros...
C'est le moment d'investir ... Ou alors de regarder les photos. 
Oui... on va faire ça ! ;-) :-) 



MV Agusta 750 S-America





MV Agusta 750 S-America







MV Agusta 750 S-America







MV Agusta 750 S-America






MV Agusta 750 S-America







MV Agusta 750 S-America







MV Agusta 750 S-America






MV Agusta 750 S-America






MV Agusta 750 S-America







MV Agusta 750 S-America






MV Agusta 750 S-America






MV Agusta 750 S-America







37 volte campione del mundo !







Christophe et la MV Agusta 750 S-America



dimanche 13 mai 2018

Vercors !

Quelque-part dans le Royans

On ne m'a pas vu, dans le Vercors, sauter à l'élastique...
Non, c'est sûr. Mais Val et moi, à dos de Mamy Vara, avons arpenté le Massif sur son flanc Est, par le Royans. 
C'était avant que cette fichue perturbation ne vienne pourrir un weekend propice à prolonger la balade...
Pinaise! Une orgie de virages, dans des paysages de rêve. Facile, au départ et retour de Lyon, pas plus de 260 kilomètres (à faire rager les parisiens! ;-) ) Une petite pause gourmande au milieu, à laTerrasse  du Grand Frêne près de Choranche a permis d'apprécier pleinement cette virée improvisée.
A refaire ! ;-)


La D292 en direction de Presles... Génial !



vendredi 11 mai 2018

Ventoux Classic 2018 - épisode 3 !

Episode 3 ! 
Et pourquoi pas 4? Je ne sais pas encore. Cela dit, j'ai des gigas de photos pas piquées des vers qui restent à traiter (les photos, pas les vers)...
Au passage, n'hésite pas à visiter le site "Motos Classiques de Compétitions d'Avignon" pour plus d'infos sur ce 9ème Ventoux Classic. Merci pour le lien Pierre ! ;-)

Ventoux Classic 2018 - Patrice Michel, concentré au départ




Ventoux Classic 2018 - Alain Michel... Gaz !





Ventoux Classic 2018 - Maurice Maingret, Jawa 500 Double Arbre 1953





Ventoux Classic 2018 -André Bernard, Honda 1000 CBX 1978




Ventoux Classic 2018 - Patrick Collet, Honda Egli 1981




Ventoux Classic 2018 - Philippe Meige, Honda Walther 812 - 1973




Ventoux Classic 2018 -Alain Nicod et ?? 750 Kawasaki/Trolliet 1974




Ventoux Classic 2018 -Charly Rieille et Caroline Legros, Lambert/BMW 1000 1971




Ventoux Classic 2018 -Antoine Froute, Honda 600XL Paris-Dakar - 1985




Ventoux Classic 2018 -Bernard Chastang et Thierry Riffard Yamaha 1100XS/DBS Sport 1980





Ventoux Classic 2018  - Les VBB au départ !





Ventoux Classic 2018 -Michel Jobard, Suzuki 1100 GSX-R 1990




Ventoux Classic 2018 -Albert ? Libéria Y125





Ventoux Classic 2018 -Denis Dumazert, Moto Guzzi 1000 Le Mans 3 1984





Ventoux Classic 2018 -René Scognamiglio, BMW R100GS Paris-Dakar





Ventoux Classic 2018 -Gil Roux, Yamaha 250 1982





Ventoux Classic 2018 -Julie Quet, BSA 500 B33 1951





Ventoux Classic 2018 - Jean-Louis Sanz BSA 450 B44 1967





Ventoux Classic 2018 -Gérard Hérisson, Motosacoche 500 1923





Ventoux Classic 2018 -Pierre Salomon, BSA A65 ?




Ventoux Classic 2018 -Antoine Salomon, BSA 500 Goldstar 1960





Ventoux Classic 2018 -Bruno et Morgane Amice, Suzuki/DJ Sport





Ventoux Classic 2018 -Odile Buchet, Yamaha 1200Vmax/Armec Tremola2 1996




Ventoux Classic 2018 -Christian et Jean-Claude Billard Moto-Guzzi 1000/Produc Side 1983





Ventoux Classic 2018 - Honda 1000 CBX





Ventoux Classic 2018 -Bernard et Cédric Padel, BSA A10 650 1952





Ventoux Classic 2018 -Gérard Doursin, Norton 500 Inter 1933





Ventoux Classic 2018 -Nicolas Brière, Yamaha 125 RDX 1978





Ventoux Classic 2018 - Claude Bizard, Aermacchi Ala d'Oro 250 1963





Ventoux Classic 2018 -Christian Moura, Ducati 350 1968





Ventoux Classic 2018 -Michel Percevaud, Ducati 350 Mark3 1969





Ventoux Classic 2018 -Yves Azam, Yamaha RD 350 1973





Ventoux Classic 2018 -Laurent Calbo, Monet Goyon 1250 S6V 1951